Requête Des Femmes, pour leur admission aux Etats-Généraux ; à Messieurs, composant l'Assemblée des Notables.

Requête Des Femmes, pour leur admission aux Etats-Généraux ; à Messieurs, composant l'Assemblée des Notables.

Livre ancien

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Description

In-8, broché, à relier, premier feuillet coupé plus court, infimes rousseurs marginales, S.l.n.d. (1789).

Commentaire

Ce plaidoyer semble se vouloir engagé mais non vindicatif. Les femmes qui donnent de la voix via cette publication argumentent tout d'abord en faisant remarquer que la division en trois ordres de la société pourrait englober des femmes de chaque ordre aux États-Généraux (religieuses, nobles et représentantes du Tiers-État) ; elles s'emploient ensuite à rappeler les rôles que tiennent les femmes dans la société, tous indispensables, avant de finir sur un ton qui se veut non agressif et demandeur d'égalité.

"Que les peuples barbares qui nous tiennent indignement renfermées dans des serails, aient jugé à propos de nous exclure de toute administration, rien n'est moins étonnant ; ils nous ont accoutumées à des affronts plus sanglants, dont malheureusement nos gardiens n'ont que de trop foibles moyens de vengeance à nous offrir. Mais qu'en France, où nous sommes le canal par où passent toutes les graces, & où nous faisons tout, on n'ait pas encore songé à nous admettre aux États-Généraux, on a de la peine à se le persuader. Il vous étoit réservé, Messieurs, d'effacer cet outrage, & de donner à l'Univers ce grand exemple de la galanterie françoise. L'Assemblée auguste à laquelle nous adresses notre réclamation, doit connoître quelle est l'influence des femmes dans une vaste Administration, & combien elles sont intéressées au redressement de tous les abus. [...] L'homme nait égoïste : c'est un principe malheureusement reconnu. Rapportant tout à lui, il a cherché à avilir la plus noble moitié de lui-même. C'étoit trop peu de nous avoir privées du sceptre, pour nous fermer l'accès à toutes les places, il nous a donné une éducation futile, il s'est arrogé sur nous une supériorité insolente, &, par une contradiction ridicule, nous a laissé dans le particulier, un ascendant dont il nous prive en public. Toute notre étude, selon, doit être de lui plaire, & nous sommes parfaites quand nous avons atteint ce but merveilleux. [...] Nous ne finirons pas, si nous voulions détailler tous les emplois auxquels nous sommes propres, & dont les hommes se sont toujours montrés jaloux de nous exclure. Si le Commerce est florissant, à qui la Nation est-elle redevable, si ce n'est à nous, dont la féconde industrie invente à chaque instant de nouvelles modes & varie tous les objets de luxe, pour entretenir une circulation immense, & attirer en France l'aregtn des étrangers, curieux de se procurer tout ce que nous imaginons, & d'être les tributaires de nos fantaisises ? [...] Ce sera à vous, Messieurs, de nous pénétrer ; à nous, de vous opposer des mouvements doux, & de ce manege innocent découlera le bonheur commun."
Référence librairie 587

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